La nuit.
Posté : 10 nov.23, 12:52
« Tatonga, cela fait longtemps que j’attends un ami.
-Il viendra, Tictoc, il viendra, ou peut-être ne viendra-t-il plus, peut-être est-t-il parti.
-Parti où ?
-Je ne sais pas, Tictoc. Il est peut-être parti quelque part ou nulle part, je ne sais pas.
-Mais ce n’est pas normal qu’il parte comme ça.
-C’est comme ça, Tictoc, il arrive qu’on disparaisse, qu’on s’efface.
-Mais qui a voulu que ce soit ainsi, Tatonga, Dieu ou la nature ?
-Je ne sais pas, Tictoc, je ne sais pas pourquoi il y a des choses, je ne sais pas d’où nous venons, je ne sais pas ce que nous faisons là, je ne sais pas où nous allons, ni même si nous allons, je ne sais pas, Tictoc. Tout vient de la nuit et repart dans la nuit.
-Mais qu’y a-t-il dans la nuit, Tatonga ?
-Je ne sais pas, Tictoc. Aucun esprit, aucune intelligence, aucune oreille, aucun œil, aucune voix ne peut pénétrer dans la nuit. Depuis que les hommes sont hommes, ils n’ont cessé de lancer des S.O.S., des appels, des cris, des prières, mais tout se perd dans la nuit, et nul ne sait ce qu’il y a dans la nuit, ni le pigeon-voyageur, ni l’aigle planant dans les cieux, ni la gerboise dans les champs, ni la colombe dans son nid, nul ne soit quoi ni pourquoi.
-Faut-il alors ne s’attacher à rien et à personne ?
-Je ne sais pas si tu dois ou ne dois pas, mais je sais que tu ne peux pas, Tictoc. Ce qui ou celui qui t’a fait a placé en toi une pulsion irrésistible pour t’obliger à t’attacher. Pourquoi et qui est-il, je ne sais pas, Tictoc.
-Et que faut-il faire maintenant ?
-Rien, tu attends. Et en attendant que vienne la nuit, chante au temps, chante longtemps et très, très loin, jusqu’au fond du temps, interpelle le temps, va chercher le temps au fond du temps et interroge le temps, et chante encore et encore longtemps et très loin. »
-Il viendra, Tictoc, il viendra, ou peut-être ne viendra-t-il plus, peut-être est-t-il parti.
-Parti où ?
-Je ne sais pas, Tictoc. Il est peut-être parti quelque part ou nulle part, je ne sais pas.
-Mais ce n’est pas normal qu’il parte comme ça.
-C’est comme ça, Tictoc, il arrive qu’on disparaisse, qu’on s’efface.
-Mais qui a voulu que ce soit ainsi, Tatonga, Dieu ou la nature ?
-Je ne sais pas, Tictoc, je ne sais pas pourquoi il y a des choses, je ne sais pas d’où nous venons, je ne sais pas ce que nous faisons là, je ne sais pas où nous allons, ni même si nous allons, je ne sais pas, Tictoc. Tout vient de la nuit et repart dans la nuit.
-Mais qu’y a-t-il dans la nuit, Tatonga ?
-Je ne sais pas, Tictoc. Aucun esprit, aucune intelligence, aucune oreille, aucun œil, aucune voix ne peut pénétrer dans la nuit. Depuis que les hommes sont hommes, ils n’ont cessé de lancer des S.O.S., des appels, des cris, des prières, mais tout se perd dans la nuit, et nul ne sait ce qu’il y a dans la nuit, ni le pigeon-voyageur, ni l’aigle planant dans les cieux, ni la gerboise dans les champs, ni la colombe dans son nid, nul ne soit quoi ni pourquoi.
-Faut-il alors ne s’attacher à rien et à personne ?
-Je ne sais pas si tu dois ou ne dois pas, mais je sais que tu ne peux pas, Tictoc. Ce qui ou celui qui t’a fait a placé en toi une pulsion irrésistible pour t’obliger à t’attacher. Pourquoi et qui est-il, je ne sais pas, Tictoc.
-Et que faut-il faire maintenant ?
-Rien, tu attends. Et en attendant que vienne la nuit, chante au temps, chante longtemps et très, très loin, jusqu’au fond du temps, interpelle le temps, va chercher le temps au fond du temps et interroge le temps, et chante encore et encore longtemps et très loin. »